Vers un nouveau monde

Conséquences du coronavirus

Dernier article : N° 50

Le coronavirus rebat les cartes et oblige tout le monde à se repositionner. Que va devenir le monde après le coronavirus : Plus de solidarité ? Plus d’importance au monde médical ? Plus d’indépendance stratégique ? Plus de relocalisations ? Passage de l’Etat providence à l’Etat sauveur ? Nouveau partage des richesses ? Etc. Chacun y va de son nouveau monde. On peut toutefois essayer de tirer quelques réflexions.

L’océan de dettes va nous obliger à repenser notre économie

  • Comme le disait Edgar Faure, « pour résoudre un problème compliqué, il faut le compliquer davantage ». C’est le cas de la dette. Trop va être enfin devenir trop.

  • L’économie du monde ne pourra plus être une fuite permanente vers l’avant. Il faudra générer des richesses. C’est toute une philosophie de l’utilité qui va être repensée. Nous ne pourrons plus vivre à crédit pour faire des choses futiles.

  • Avec au moins 300 milliards de dettes supplémentaires (on ne sait même plus les compter), c’est toute la philosophie de l’économie nationale qui devra changer.

La recherche de souveraineté va exiger des relocalisations

  • Depuis 50 ans, nous avons amélioré notre pouvoir d’achat en faisant fabriquer en Chine des produits 10 fois moins chers. Chacun l’a constaté.

  • Relocaliser exigera une stratégie industrielle que nous ne maitrisons plus. On ne change pas facilement 50 années de mauvaises pratiques.

  • Nous n’avons plus les formations pour le faire (enseignement technique), nous n’avons plus l’expérience (achat au lieu de production), nous n’avons pas les usines pour le faire (magasins logistiques au lieu d’ateliers de production), nous n’avons pas les infrastructures (fret ferroviaire, ports compétitifs et flexibles, zones de développement économique, …), nous n’avons pas les entrepreneurs (ils sont dans des start-up qui visent une valorisation fulgurante), nous n’avons pas l’argent pour les investissements.

  • On peut suivre des modèles qui ont réussi : Le Japon de 1950, la France de 1960, la Corée de 1970, la Chine de 1980. Bien sûr que c’est possible. Ils l’ont fait ! En avons-nous le courage ?

  • La philosophie des Chinois « Tout problème chinois doit avoir une solution chinoise » doit devenir notre nouvelle politique industrielle française ou européenne.

La notion de justice sociale devra être repensée.

  • Aujourd’hui, la notion de justice sociale est trop fondée sur l’égalitarisme. Cette situation est aussi la conséquence de la désindustrialisation. Comme il n’y a plus de travail, il est de venu injuste d’avoir un revenu quand tant de gens n’en n’ont pas.

  • La justice sociale ne consiste pas à donner une indemnité à celui qui ne travaille pas, mais à lui procurer du travail. Notre sentiment de culpabilité issu des délocalisations et des 35 heures (l’un étant la conséquence de l’autre), nous a conduit au « traitement sociale du chômage » depuis Giscard d’Estaing et de plus en plus. Depuis cette époque, la charité consiste à donner à manger à celui qui ne travaille pas.

  • Je préfère la formule de Saint-Paul, que l’on ne pas traiter d’affreux capitaliste : « que celui qui ne veut pas travailler, ne mange pas non plus ». Thessaloniciens 2 / 3 :10. Tout y est dit.

La démocratie a atteint ses limites et devra être refondée.

  • La défense de la démocratie abusive est bien sûr brillamment assurée par les politiciens et les journalistes qui en vivent. La démocratie a été dévoyée, il faut la remettre sur les rails. Chacun ne peut pas créer son propre parti au nom de la démocratie.

  • Les Américains n’ont que deux partis et dans certaines situations (comme maintenant) c’est encore beaucoup trop.

  • Dans une tribune récente, Jean-Pierre Chevènement (qui n’est pas un dictateur) appelait à un gouvernement d’Union nationale. C’est bien évident. Quand on est en guerre contre l’extérieur, on ne peut pas se faire la guerre à l’intérieur.

  • Nous l’avons proposé dans notre article N°12 du 12 mars 2019 : seulement deux partis en France qui se partageraient le pouvoir selon un 75/25 au gré des élections. Cela va prendre du temps et il faudra descendre encore beaucoup dans l’inefficacité politique pour que ce principe d’évidence soit partagé et appliqué.

  • Pendant ce temps-là, la Chine continuera de prendre de l’avance. Nous devons changer de logiciel démocratique.

Viendra bientôt le temps du civisme et du retour aux bonnes mœurs.

  • Depuis 1968 et DCB (que l’on voit malheureusement encore sur les plateaux de télévisions) le civisme était fasciste et les bonnes mœurs étaient faites pour être transgressées. On prévoyait la mort de la mort (l’homme qui vivra 1.000 ans est déjà né disait un auteur). C’était cela la modernité.

  • Là aussi il faudra attendre encore un peu, mais l’édifice est suffisamment délabré pour ne pas avoir à attendre longtemps pour le voir s’effondrer. DBC ne sera plus là pour ramasser les morceaux, ni pour en recevoir les sanctions.

  • Nos anciens n’étaient pas plus bêtes que nous et ils n’ont pas construit une société durable par hasard. Sans fondations solides, il n’y a pas d’édifice stable. Il nous faut reconstruire les fondations de notre société occidentale, car tout est parti en vrille.

  • Les Asiatiques nous regardent avec condescendance, en se disant : « Pauvres Occidentaux qui n’ont plus de valeurs ! Comment pourraient-ils reconstruire leur société sur du sable ? ».

L’Europe, l’Europe, comme disait le général De Gaulle, elle devra être repensée.

  • Face à la Chine puissante et intégrée, face aux Etats Unis puissants (même s’ils déclinent) et intégrés (même s’ils ne le sont pas assez), l’Europe ne peut pas rester une hydre à 27 têtes.

  • Ce sera, ou le retour des nations, ou l’Europe Fédérale. Il ne peut pas y avoir de point milieu. Soixante années de tâtonnement constituent une trop longue période d’essais.

  • Est-il encore possible de construire une Europe fédérale à 27 ? Sûrement pas ! A deux, à trois ou à six, peut-être. Qui saura sortir du lot pour bâtir un tel projet ? Nous avons également fait notre proposition : la Confédération France-Allemagne pour commencer la vraie Europe.

Le conflit social nous guette au sortir du confinement

  • La France ne change jamais dans le calme. Notre histoire révolutionnaire nous le démontre depuis des siècles. Pourquoi cela changerait-il soudainement ?

  • Le retour sur Terre, après le confinement, va voir chaque groupe social tirer les intérêts de son côté. Inutile de le décrire, chacun en a déjà une idée. Cette situation sera dangereuse pour le pays.

  • Quel modèle mettre en place : plus de communisme solidaire ? Plus d’entreprenariat créateur ? Plus de qualité de vie ? Plus d’écologie et moins de croissance ? Plus de Patriotisme ? Plus de rigueur économique ? Plus de liberté ?

  • La période de septembre 2020 à mai 2022 va être très tendue et, avec ou sans virus, les manifestations vont être très dures pour se faire entendre. Le bon citoyen pourra rester confiné encore pendant toute cette période mouvementée.

Vers un monde chinois

  • Cela devient chaque jour une évidence, la Chine monte encore en puissance. Sans la Chine, nous ne sommes plus rien. Elle nous équipe du sol au plafond, et de la tête aux pieds. Même nos médicaments et nos masques de protection viennent de Chine ! Nous ne savons plus rien faire sans la Chine ! Et nous nous considérons comme des stratèges !

  • S’il a fallu 40 ans à la Chine pour récupérer nos productions, nous ne changerons ce nouvel équilibre d’un coup de baguette magique. La montagne d’efforts auxquels la Chine a dû consentir pour construire sa position industrielle ne nous sont pas accessibles dans notre système de valeurs.

  • Nous avons trop de gens qui parlent, trop d’observateurs et pas assez de faiseurs, trop de points de vue intellectuels, etc. Il vaudrait mieux pour nous, d'être unis derrière une décision bonne à 80% que de palabrer, à longueur de décennie, sur ce que serait une solution bonne à 100%.

  • Le monde sera chinois, que cela nous plaise ou non. Ce n’est pas un souhait, c’est une réalité. D’ailleurs la moitié de l’Union européenne est déjà derrière la Chine. Les USA ont remplacé l’Angleterre en 1945. Un siècle plus tard, la Chine remplacera les USA dans le leadership économique mondial.

Article N°20 de l’Extraterrestre :

J’avais prévu depuis longtemps de présenter la fiche N°20 de notre Extraterrestre. Elle porte sur l’Intelligence Artificielle, sujet que nous avons déjà traité dans notre article N° 37 du 17 décembre 2019.

  • Limitons donc notre exposé aux idées nouvelles sur le sujet. Rappelons néanmoins que, selon l’auteur, 40% à 50% des emplois risquent d’être supprimés par l’IA (Intelligence Artificielle).

  • Et quel est le pays le plus en avance en matière d’IA ? …. La Chine évidemment !

Les robots n’attrapent pas le virus

  • L’intelligence artificielle va déclencher deux crises : celle des emplois qui vont disparaître en masse, et celle des inégalités qui vont se développer.

  • La mise à l’arrêt de millions de travailleurs, pour cause d’épidémie, doit aussi nous faire réfléchir aux conséquences de l’intelligence artificielle (IA).

  • L’intelligence artificielle permettra de produire, même en période de pandémie.

  • On savait déjà que les robots n’étaient jamais fatigués, qu’ils ne prenaient jamais de vacances, qu’ils ne réclamaient jamais d’augmentation de salaires, qu’ils ne se mettaient jamais en grève, etc.

  • On découvre maintenant qu’ils résistent aussi aux virus.

  • Cela fait une raison de plus pour remplacer les humains par les robots !

Vous n’aurez plus l’article Homo-Industrialis du mardi.

  • Nous avons commencé notre chronique en Janvier 2019. Nos propositions iconoclastes de l’époque apparaissent aujourd’hui comme des évidences.

  • J’ai fait assez de propositions de progrès pour attendre désormais de voir ce que le monde politique saura en faire. A mon âge, on ne se présente plus aux élections.

  • Je publierai les 50 articles du blog Homo-Industrialis dans un livre qui aura pour titre : « Alizés pour l’Elysées ». Si vous êtes candidat à la présidence de la république, vous pourrez intégrer ce programme ! Echec assuré !

Amis industriels, soyez audacieux ! C'était le sous-titre de notre blog.

L'avenir appartient aux industriels que vous êtes.

Bon vent et bon futur à tous!

Jacques Leger

14 avril 2020

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