Un Budget pour la France

Mis à jour : 3 avr. 2019


Le sauvetage de la France passe par un budget radicalement restructuré, outil premier pour réallouer nos ressources et reconstruire notre avenir. Nous proposons au Gouvernement de présenter ce budget et aux Parlementaires de le voter.


Schéma résumé du modèle économique français

Il faut d’abord comprendre le cycle de l’économie nationale .



L’Etat, au global, a besoin de 1250 milliards € par année pour financer ses activités et responsabilités. C’est 56,5% de la richesse nationale

C’est une présentation trompeuse. En réalité, l’Etat reprend d’une main (impôts, taxes et charges sur les retraités et fonctionnaires) ce qu’il donne de l’autre main (avec les salaires des fonctionnaires, les retraites et les indemnités diverses).

En effet :


Montant (A) : Recettes = 840 Mrds €

Toutes les « réelles » ressources de l’Etat sont celles apportées par les entreprises et par les 28% de travailleurs marchands (fond bleu du schéma).


Montant (B) : Déficit = 60 Mrds €

L’Etat va chercher ce qui lui manque dans le déficit et alimente ainsi la dette publique qui dépasse désormais 2200 Mrds € (fond rouge du schéma). Il faudra 10 années de salaires des travailleurs marchands pour la rembourser.


Montant (C) : Salaires des fonctionnaires, retraites et indemnités = 1250 Mrds €

L’Etat paye les salaires bruts pour : l’éducation, les militaires, les retraites, les fonctionnaires, les dépenses de santé, les chômeurs, les aides sociales, etc….

Notez bien aussi qu’il faut que les salaires publics représentés par le montant (C) soient suffisamment importants pour permettre à ceux qui les reçoivent de vivre et de payer leurs impôts, charges et taxes récupérés par l’Etat et représentées par le montant (D).


Montant (D) : Impôts et taxes sur fonctionnaires, retraités récupérés par l’Etat = 350 Mrds €

L’Etat récupère en partie ce qu’il a distribué en (C) par les taxes, les charges et les impôts sur les dépenses publiques distribuées.

Montant (C-D) : réels besoins de l’Etat = 1250 -350 = 900 Mrds €

Avec ce montant, l’Etat finance au total les 72% de Français restants.



Toute l’économie du pays repose sur les entreprises et les emplois marchands

C’est pourquoi nous devons absolument permettre aux entreprises de se développer et aux travailleurs marchands d’être beaucoup plus nombreux (au moins 40% de la population au lieu de 28%).

La France et les Français doivent montrer une véritable vénération pour leurs entreprises et leurs travailleurs marchands et aider à leur création et à leur développement, car tout repose sur eux.


Créer un million d’emplois marchands par an pendant 10 années consécutives

La France devra créer 8 millions d’emplois pour retrouver un taux d’emplois marchands comparable à celui des autres pays (article du 6 février dernier). Il faut y ajouter un supplément de 200 000 naissances vs décès chaque année et au moins autant d’immigrés à intégrer. Pour régler la question du taux d’emploi (en non pas seulement le problème du chômage) en 10 ans, il faudrait donc créer au moins 1 million d’emplois par an en France pendant toute cette période. La Chine a su créer 15 millions d’emplois par an pendant les 40 dernières années (600 millions sur 40 ans). Faisons de même.


Pourquoi les impôts finissent par engendrer le chômage

Vouloir moins d’impôts n’est pas qu’une vision libérale de financiers qui veulent tout garder pour eux et ne pas participer au financement des ressources communes. En fait trop d’impôts vont à l’encontre des objectifs sociaux les plus élémentaires. C’est une affirmation contre-intuitive et pourtant vraie.

Derrière tous bas prix dans un supermarché, derrière tout retraité encore jeune et en bonne santé, derrière tout fonctionnaire dont le travail n’est pas indispensable au pays et derrière tout chômeur de confort ….il y a un vrai chômeur qui galère, une usine qui ferme, un pays qui s’effondre financièrement et une jeunesse qui n’a plus d’avenir ! Voilà la règle économique générale.

Car les aides sociales, les retraites, les salaires des fonctionnaires, et les indemnités des chômeurs de confort sont tous financés par les charges des seules entreprises et des seuls travailleurs marchands. Tous ces impôts et taxes alourdissent le coût du travail et finalement justifient les délocalisations de production et les pertes d’emplois.

Voilà pourquoi au final :

Dépense publique = impôt = charges sur le travail = surcoût du travail = délocalisation = chômage


Réduire les dépenses publiques c’est donc créer des emplois durables

Trop d’impôt devient ainsi le signe d’une société injuste mais qui se croit plus juste car ayant plus de ressources à redistribuer. On engendre le chômage en croyant le soigner. Et c’est ce que nous faisons depuis 1975 ! Conséquences : les entreprises françaises n’ont d’autres choix que de se développer là où les charges sociales et les impôts sont moindres, c’est-à-dire à l’étranger.

Il faut renverser la vapeur et changer de cap. Il faut massivement réduire les charges et les impôts en France, si on veut pouvoir récréer de l’emploi.


La population française et les transferts de catégories à opérer

Le tableau ci-dessous indique les catégories de population et les transferts à opérer par population



Les effectifs à la charge des travailleurs marchands doivent diminuer de 8 millions soit -16,5%, dont : enfants et non-actifs = 0% / fonctionnaires = -28,6% / retraités = -25,9% / chômeurs indemnisés = -66,7%.

En contrepartie, les effectifs marchands vont augmenter des mêmes 8 millions, soit +43,2%

Remarque 1 : La réduction du nombre de fonctionnaires s’entend au sens large, c’est-à-dire aux fonctionnaires statutaires, non statutaires, de droit public, de droit privé et même aux locations ou détachements de personnel. On ne devrait pas trouver de fonctionnaires cuisiniers, chauffeurs, jardiniers ou peintres. Il y a des entreprises privées spécialisées pour ces types de travaux.

Remarque 2 : Nous faisons l’hypothèse que nous ne pouvons pas réduire la population des « enfants + non-actifs », mais en fait un grand nombre de sans-emplois pourraient se mettre au travail ce qui allégerait d’autant l’effort à faire sur les autres populations. Il faut choisir entre RSA pour les non-actifs ou moins de fonctionnaires et de retraités. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.


Comparaison des dépenses publiques dans l’Union Européenne

Là encore la France constitue une exception. Tout le monde diminue sa dépense publique, sauf la France qui augmente la sienne. Nous préférons vendre nos actifs stratégiques telles les autoroutes ou les aéroports plutôt que de rendre plus productive notre administration publique ou de réduire notre budget social monstrueux.

Nous proposons donc de ramener la dépense publique française de 56,5% à 48,2% (soit encore un peu plus que la moyenne de l’UE et de la zone Euro ). C’est donc plus de 8,0 points de PIB qu’il faut extraire de la dépense publique, soit 190 à 200 milliards € chaque année.


Restructuration du budget national pour réduire les dépenses publiques de 15%

Le plan de restructuration de la France (appelé dans notre pays PSE ou Plan de Sauvegarde de l’Emploi) s’établit sur les bases suivantes :

Les dépenses de l’Etat français sont en milliards €.


1-Economies sur le budget des dépenses sociales

Sur les dépenses sociales, nous devons :

>> Réduire le nombre de retraités de 25% en retardant d’autant que nécessaire l’âge de départ à la retraite.

>> Réduire les dépenses de santé de 11% (tout en augmentant le nombre et les salaires des infirmières) en rendant chacun plus responsable de ses dépenses de santé. Il s’agit également d’intégrer dans « la médecine » des professions traitant les petits maux, tels que les ostéopathes par exemple.

>> Repenser notre système de RSA et autres aides sociales pour donner la priorité absolue au travail.


2-Economies sur le budget des dépenses de développement (augmentations sur fond bleu)

Sur les dépenses de développement, nous devons :

>> Investir davantage dans les transports (en mauvais état) nécessaires pour le développement de l’économie.

>> Réduire nos dépenses de culture d’un tiers, en nous concentrant sur l’essentiel.

>> Conserver les autres dépenses en niveau mais en les rendant plus efficaces.


3-Economies sur le budget de sécurité et de défense (augmentations sur fond bleu)

Sur les dépenses de sécurité-défense, nous devons :

>> Réduire notre effort de défense de 34% en le partageant en partie avec l’Europe.

>> Augmenter les budgets de la sécurité du pays.

>> Augmenter le budget de la justice.


4-Economies sur le budget de l’Education et de la Recherche (augmentations sur fond bleu)

Sur les autres budgets de dépenses, nous devons :

>> Réduire de 10% notre budget de l’éducation nationale en augmentant les horaires de travail, en réorganisant la discipline à l’école, en décentralisant dans les départements, tout en augmentant les salaires des enseignants qualifiés.

>> Augmenter de 30% les budgets de la recherche dans les technologies nouvelles et améliorer fortement la coordination entre laboratoires en France et en Europe.


5-Economies sur le budget de l’Administration publique


>> Réduire de 30% les charges de l’administration publique, comme saurait le faire toute entreprise privée en grandes difficultés.

>> La numérisation de toutes les missions administrative de l’Etat serait, selon l’association French Road, capable de nous faire économiser 50 milliards d’Euro (le double de notre proposition).


Economies totales réalisées sur notre budget national

Les économies totales réalisées atteindraient ainsi environ 190 milliards €, soit 15% des dépenses de l’Etat + collectivités.

La dépense publique serait ramenée de 56,5% (record mondial) à 48,2% (juste au-dessus de la moyenne européenne).

L’économie de 190 milliards € serait à affecter :

Pour 40 milliards à la réduction du déficit (on fera encore mieux par la suite avec la croissance),

Pour 50 milliards € aux réductions d’impôts et finalement aux investissements.

Pour 100 milliards € à la réduction des charges sur le travail (et au final, au travail marchand).


Nouveau coût du travail, emplois et croissance

1-L’augmentation de 43% des emplois marchands (26,5 millions au lieu de 18,5 millions) et la réduction de 15% des besoins de dépenses publiques permettraient de réduire la cotisation de chacun de plus de 40% (moins de besoins et plus de cotisants).

2-Côté impôts, les 50 milliards € de moins permettraient de réduire d’un quart l’impôt sur les revenus (60 au lieu de 80 milliards €) soit autant de pouvoir d’achat supplémentaire, et aussi de réduire d’un quart l’impôt sur les sociétés (42 Mrds € au lieu de 56 Mrds € soit un taux de 25% au lieu de 33%). Il nous resterait encore 16 Mrds €, de quoi financer la suppression de la taxe d’habitation pour tout le monde.

3-Côté investissements, les réductions d’impôts des entreprises et des particuliers (50 Milliards €) seraient autant d’investissements possibles dans nos infrastructures qui se dégradent.

4-Le coût du travail serait réduit de 25%, à salaire net égal, passant de 38€ de l’heure à 28€ de l’heure (contre 36€ en Allemagne et 25€ en Angleterre).

5-Dans ce contexte de meilleure compétitivité internationale et de supplément massif de bras travailleurs, la France pourrait reprendre à sa charge une partie des productions délocalisées. Notre consommation fait en effet appel pour 45% à l’importation, au lieu de 25% il y a quelques années. Plus nous avons de pouvoir d’achat et plus nous importons. La production, l’exportation et l’emploi en France pourraient s’envoler.


Pour rester forts dans l’Union Européenne, il faudrait encore ajouter à ce plan :

>> La nécessaire réorganisation de l’administration publique (y compris de l’éducation), en la fondant sur le principe de subsidiarité : Citoyen >> Commune >> Département >> Région >> Etat.

>> Le retour aux 39 heures de travail par semaine pour tous,

>> La retraite pour un tiers par capitalisation, afin de financer l’économie et les infrastructures modernes à construire.

>> La stabilité fiscale qui permettra aux investisseurs de choisir de préférence la France.


Un gâteau plus gros à se partager

Avec un PIB en forte croissance du fait de 43% de travailleurs marchands en plus, tout le monde pourrait bénéficier d’une part d’un gâteau beaucoup plus gros, au lieu de manifester brutalement pour obtenir, au détriment des autres, la meilleure part d’un gâteau qui rétrécit de jour en jour.

Une France riche de son travail, décentralisée dans ses responsabilités administratives et libérée de ses idéologies utopistes aurait enfin les moyens financiers nécessaires pour reprendre en main ses quatre priorités : l’éducation des jeunes, le pouvoir d’achat de chacun, la santé de tous, et la sécurité à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Ce serait alors : l’adieu au déficit, l’adieu au chômage, l’adieu à la dette galopante et la bienvenue à la croissance, à l’investissement et à la paix.


Alors pourquoi restons-nous paralysés ?

Nous voulons tous un tel avenir n’est-ce pas ! Alors pourquoi ne le construisons-nous pas ? Simplement parce que chacun d’entre nous veut conserver ses privilèges et s’est laissé séduire par des idéologies économiques et sociétales mauvaises (comme la grenouille de l’histoire qui se laisse cuire parce qu’elle s’habitue aux hausses de température degré par degré).


Chers amis industriels, réinventons notre économie

Merci à ceux qui le peuvent de promouvoir ce « Budget pour la France » auprès de ceux qui sont censés le concevoir.

Retrouver tous nos articles sur : https://www.homo-industrialis.com/

A mardi prochain, si vous le voulez bien pour parler du modèle économique allemand.

Jacques Leger


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