REF (3)-La Rencontre des Entrepreneurs de France-La mondialisation

Poursuivons le compte-rendu de la « Rencontre des Entrepreneurs de France 2019 ».


TABLE RONDE N°3 : CAPITALISME ET LIBERTE.

Cette table ronde regroupait : Mathieu Bock-Coté, Monique Canto-Sperber, David Goodhart, Géraldine Schwarz, le chef du patronat italien.


Le libéralisme est à un moment charnière de son histoire. Il a besoin de concilier les libertés individuelles, politiques, économiques dans une grande cohésion.

  • On voit partout augmenter la technocratie et diminuer la participation politique.

  • Le libéralisme, c’est la liberté et des règles de régulation.

  • Il y a des Etats très performants (la Chine) qui ne sont ni libéraux politiquement ni libéraux économiquement.

  • Les modes de fonctionnement en Europe sont de plus en plus autoritaires (Hongrie, Pologne). Ces Etats homogénéisent leur souveraineté en une « voix unique ».


Il faut aussi se demander pourquoi tant de gens votent pour les populistes ?

  • Ce sont souvent des jeunes de moins de 30 ans.

  • Ils n’ont plus d’espoir dans l’avenir.

  • Ils ne peuvent pas devenir des acteurs sociaux.

  • Les plus démunis n’ont aucune opportunité d’expression.


En démocratie, le citoyen doit être capable de discernement !

  • Il lui faut une formation et des compétences.

  • C’était facile quand tout le monde était paysan. C’est difficile désormais.

  • En Allemagne, il y a des fondations d’entreprises pour l’éducation des gens.

  • En Allemagne de l’Ouest, la décentralisation a facilité la compréhension et la responsabilisation. Ce n’est pas le cas en Allemagne de l’Est qui a vécu le centralisme et la dictature. En France le citoyen a toujours été infantilisé.

  • NDLR : gardera-t-il encore longtemps le droit de voter ?


La mondialisation a engendré une crise identitaire.

  • C’est un problème pour certains.

  • Il y a les anywhere : ils représentent 20 à 30 % de la population et du fait de leur métier et de leur culture, ils s’adaptent rapidement partout. Ils parlent bien l’anglais

  • Il y a les Nowhere : ils ont une place d’attachement dans laquelle ils se sentent à l’aise. Ils sont perdus par le changement.


Il ne faut pas être systématiquement critique du populisme.

  • Considérer que les gens dits « d’extrême droite » font référence à la bête immonde de la 2e guerre mondiale discrédite ceux qui font cette critique.

  • Dans le langage de la « pensée unique », dire « extrême droite » signifie « inutile de l’écouter ».

  • On ne peut pas non plus disqualifier ceux qui ne sont pas comme nous en les traitant de « phobe » : homophobe, transphobe, xénophobe, sinophobe, ….etc,

  • Les progressistes ont toujours réclamé le rôle « du bien » et « du juste », ils réclament maintenant celui de la « santé mentale », considérant comme malades tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

  • Il faut éviter d’exclure certaines idées du débat démocratique.


Il y a selon certains des catégories sociales résiduelles qui seraient déphasées.

  • Une minorité agissante et puissante par les armes ou par les idées se donnent un monopole qu’elle dit démocratique.

  • Il faut désormais faire des politiques pour les « nombreux oubliés ».


La situation en Italie constitue un cas d’école pour le capitalisme et la liberté.

  • La constitution de 1945 de l’Italie, élaborée dans un moment de pauvreté extrême, indique « qu’il faut d’abord construire des usines et ensuite seulement des maisons ».

  • Il s’agissait de montrer l’importance du travail pour relever le pays.

  • De nos jours, on a perdu le lien entre la croissance et l’intérêt général.

  • Pour l’intérêt général, il faut des infrastructures européennes car les infrastructures relient les personnes entre elles font l’unité des régions.



TABLE RONDE N°4 : MADE IN FRANCE OU MADE IN MONDE

Cette table ronde regroupait Arnaud Montebourg / Pascal Lamy / Monsieur l’Ambassadeur de Chine en France.

Après une attaque en règle de la mondialisation par Arnaud Montebourg / on assista à la défense de l’Organisation mondiale du commerce par Pascal Lamy / et à une justification musclée de la stratégie de la Chine par son Ambassadeur en France.


Pour Arnaud Montebourg :

  • 70 % de la population active des pays occidentaux a connu des revenus stagnants.

  • La mondialisation nourrit les inégalités.

  • Il faut organiser le retour des nations et des intérêts locaux.

  • Oui aux échanges mais non aux déséquilibres organisés. Il faut une régulation. Mais peut-on réguler la mondialisation ?

  • La mondialisation a un impact sur l’environnement (transport).

  • La mondialisation a un impact sur l’emploi (déséquilibres exportations/importations).

  • Il n’y a pas de normes sociales ni environnementales dans l’OMC

  • Le déficit de la France avec la Chine est de 28 milliards d’euros par année.


Pour Pascal Lamy

  • La mondialisation est un handicap pour la France qui ne s’est pas donné les moyens d’être compétitive (35 heures, 28 % de travailleurs marchands, 5,6 millions de fonctionnaires, un quart des Français à la retraite, budgets sociaux considérables représentant 15 % des dépenses sociales mondiales pour 1% de la population).

  • Il faut se spécialiser sur quelques produits.

  • Les étrangers représentent 10 % de l’investissement, 20 % de l’emploi, 30 % de la R&D nationale.


Pour l’Ambassadeur de Chine

  • Certains pays ne se sont pas préparés à la mondialisation.

  • Ceux qui sont malades, n’ont pas à demander aux autres de se soigner.

  • La Chine ne va pas se sacrifier pour obtenir un accord qui la désavantage.

  • Le protectionnisme est une impasse.

  • La plupart des règles de la mondialisation ont été élaborées par les Occidentaux.

  • La Chine s’est donnée les moyens d’être compétitive dans la mondialisation afin d’assurer son développement.

  • Ce sont les travailleurs chinois qui ont forgé la capacité exportatrice et technologique de la Chine au moment où les occidentaux en général et les Français en particulier réduisaient leurs temps de travail, augmentaient leur temps des vacances, augmentaient les salaires, augmentaient les prestations sociales, et faisaient le choix de l’indemnisation massive du chômage.



TABLE RONDE N°5 : QUI VA PAYER LA FRACTURE ?

Avec Xavier Bertrand, Alain Minc, Virginie Raisson (géopolitique) et Salwa Toko (numérique).


Il y a de nombreuses « fractures » en France

  • La fracture entre Français bien insérés et Français du mal être.

  • La fracture des revenus du capital versus les revenus du travail.

  • La fracture écologique.

  • La fracture des réseaux sociaux.

  • Il y a aussi la fracture avec la jeunesse.


Notre système est trop fondé sur la recherche d’intérêts particuliers plutôt que sur la construction d’un intérêt commun.

  • Chacun se dit : « Le monde va peut-être s’effondrer, mais je fais ce qu’il faut pour m’en sortir, moi et ma famille ».

  • Il faut offrir des aides concrètes plutôt que de se réfugier dans les incantations.

  • Il faut redonner de l’espoir aux jeunes qui n’entendent qu’un vocabulaire négatif sur l’avenir !

  • On ne peut pas refuser 10 fois, 20 fois, une offre d’emploi et continuer à recevoir des allocations.

  • Sur les réseaux sociaux, les discussions sont trop court-termistes pour construire l’avenir.

Rappel des évolutions de pouvoir d’achat en Europe

L'Europe de l'Ouest régresse depuis 10 ans.



Alors que faire ?

  • Pour Alain Minc, il faut que les entreprises distribuent une partie de leur capital à leurs salariés (environ 10 %), sous forme d’actions gratuites.

  • Pour Xavier Bertrand, Il faut réinventer notre modèle économique et travailler plus (toujours ces 28% seulement de travailleurs marchands en France qui nous pénalisent).

  • Il faut mettre un frein à l’économie esclavagiste des GAFA.

  • Il faut « briser » les privilèges (monopoles syndicaux).

  • Il faut autoriser un plus fort interventionnisme de l’Etat (mais avec la démocratie participative, on prend le chemin inverse).

  • Il faut surtout aider les entreprises à réussir : ce sont elles qui créent les emplois et non l’Etat.

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