Les Ni, Ni, Ni, ces jeunes hors du système !

Mis à jour : 3 avr. 2019


La mesure du chômage n’est pas une chose facile.

· Si nous prenons la définition du chômeur par le Bureau International du Travail (le BTI), il y a en France environ 2,5 millions de chômeurs. Il faut pour cela que le chômeur réponde aux critères suivants :

  • Etre sans emploi.

  • Rechercher activement un emploi.

  • Etre disponible sous deux semaines pour prendre un travail.

· Selon les données de Pôle Emploi, il y a en France 3,4 millions de personnes au chômage. Il faut, pour être classé chômeur par Pôle Emploi, remplir les critères suivants :

  • Ne pas avoir travaillé dans le mois.

  • Se déclarer en recherche d’emploi.

  • Être inscrit à Pôle Emploi

· L’écart porte tout de même sur près de 1,0 million de personnes.

  • Certains inscrits à Pôle Emploi ne sont pas toujours en réelle recherche d’emplois.

  • D’autres sont inscrits à Pôle Emploi mais ne sont pas disponibles pour prendre un emploi dans l’immédiat.

  • Certaines personnes proches de la retraite sont inscrites à Pôle Emploi dans l’espoir de trouver un travail pour leur début de retraite.

  • Il existe un nombre important de « chômeurs découragés » qui s’inscrivent à Pôle Emploi par principe mais n’ont plus d’espoir de trouver du travail.

  • Le RSA incite à l’inscription à Pôle Emploi, sans volonté réelle de trouver un emploi.

  • Enfin les Senior inscrits à Pôle Emploi sont dispensés de rechercher un travail.

· Cette différence de 1,0 million de personnes entre les 2 statistiques est récente (une décennie seulement).


Une autre catégorie de personnes n’est pas dans les statistiques

Le 21 Janvier 2019, Le Figaro publiait sa rubrique « Libre échange » de Jean-Pierre Robin.

Celui-ci présentait la situation des « Ni-Ni-Ni ». Il s’agit de près de 3 millions de jeunes Français de 15 à 34 ans qui se trouvent à l’écart de toute activité productive. Ils sont tous dans l’oisiveté, qui comme tout le monde le sait, est la mère de tous les vices.


Les Ni-Ni-Ni

Ils pourraient ne pas encore être au travail à l’âge de 34 ans, même si cela commence à faire tard, mais là n’est pas la question. Les 3 millions de Français dont nous parlons ne sont :

  • Ni en enseignement scolaire ou universitaire,

  • Ni en période de formation professionnelle d’entreprise,

  • Ni en emploi quelque part.

Ils sont oisifs 365 jours par an !


Les NEET en anglais

Le terme a été développé dans les années 1990. Il signifie en anglais : Not in Employment, Education or Training. Personne, semble-t-il, n’est capable de dire où ils sont. Les données sont suivies par l’OCDE qui peut fournir des informations pour cette catégorie d’individus dans les différents pays. Nous n’avons pas toutes les statistiques par pays mais il semble que l’OCDE se soit particulièrement inquiétée auprès de 3 pays : La France, la Belgique et l’Autriche.


Les NEET et les chômeurs

Les deux notions de NEET et de chômeurs ne se recouvrent pas. Ce qui signifie que de nombreux NEET s’ajoutent en partie aux nombre des chômeurs.


Il n’y a pas que la fiscalité distributive dont il faut discuter

Toute la discussion nationale tourne autour de la redistribution « du gâteau national » produit par quelques-uns (Les 28% de travailleurs marchands) au lieu de discuter de comment faire grossir « le gâteau national ».

Comment ne pas s’inquiéter des 3 millions de Français qui devraient être au travail… en plus des 3 millions de chômeurs qui devraient y être aussi. Voilà qui mieux que la redistribution par les impôts supplémentaires sur ceux qui travaillent pourrait, s’il était réglé, renforcer notre économie.

Il faut rappeler qu’en France, seulement 43% des foyers contribuent à l’impôt sur le revenu et que 2% des ménages financent à eux seuls, 40% de cet impôt.

Ainsi en France : « Ce sont les personnes qui ne payent pas d’impôts qui votent les impôts de ceux qui en payent ». L’Etat aspire déjà 56,5% de toute la richesse crée dans le pays, pour la redistribuer en grande partie. Où allons nous ?


Le travail a été oublié dans le débat national

On ne peut pas limiter notre vocabulaire de contestation aux seuls mots de fiscalité et d’impôts. Rendre les pauvres moins pauvres n’est pas de la seule responsabilité des « riches » qu’il faut massivement ponctionner afin de permettre à ceux qui ne veulent pas travailler de continuer à vivre "comme tout le monde". Il faut remettre à l’honneur les mots « travail » et « jeunesse » qui sont oubliés par nos politiques.


La France est déjà le pays le plus égalitaire du monde

Mis à part le Danemark et la Finlande, la France est déjà le pays le plus égalitaire du monde (courbe de Gini). Le problème français réside dans le fait que les retraités ont plus de revenus que les actifs. Mais 14% de la population française vit encore avec un niveau de revenu inférieur au seuil de pauvreté. L’égalité devrait donc passer d’abord par l’égalité face au travail, premier contributeur à la richesse nationale. Comment créer plus de travail en France ? Voilà la question !


En France, 40% des NEET sont issus de l’immigration

Selon l’INSEE, qui n’a pas le droit de faire des statistiques ethniques, mais qui a le droit de demander le lieu de naissance des parents :

  • 1 750 000 de ces jeunes sont nés en France de parents nés en France

  • Les autres sont des jeunes nés en France avec au moins un parent né à l’étranger.

  • Ces statistiques permettent de calculer que, au total, 1 090 000 jeunes NEET sont des enfants issus de l’immigration. C’est près de 40% du total.

  • Les autres, environ 1 800 000, sont des Français dits de souche.

Ces statistiques doivent nous interpeller sur notre capacité d’intégration de la jeunesse.


Nous ne savons plus intégrer nos jeunes au travail

Nous ne savons plus intégrer les jeunes Français d’origine, ni les jeunes Français issus de l’immigration. Alors, comment pouvons-nous nous déclarer capables d’accueillir des centaines de milliers d’autres jeunes, non nés en France, et qui frappent à notre porte,… sans changer notre système d’intégration des jeunes au travail.


L’apprentissage au lieu du NEET

En Allemagne, royaume de l’apprentissage, les NEET ne représentent que 8% de leur classe d’âge (7% pour les autochtones et 10% pour les immigrés). C’est nettement mieux que chez nous.

En France, enfer de l’apprentissage, les NEET représentent 18% de leur classe d’âge.

La jeunesse française est l’une des plus désœuvrées de l’OCDE.

Décidément, tous les indicateurs français vont dans le même sens : surtout ne pas travailler !


Redonner le goût du travail mais aussi inculquer le devoir de travailler

Le recoupement des statistiques du chômage par classe d’âge et les données des NEET, montre que pour un grand nombre de jeunes, « l’inactivité est devenue un choix plus ou moins délibéré ».

Il revient à l’Etat et à la politique de redistribution des richesses de rendre les jeunes plus responsables de leur vie. Nous sommes les champions du monde de la redistribution avec 32,6% de la richesse nationale redistribuée (soit 15% de la redistribution mondiale pour un pays ne représentant que 1,0% de la population mondiale).

L’Association « 100 000 entrepreneurs » à laquelle j’ai contribué pendant plusieurs années, aide les élèves des lycées des « zones défavorisées » à mieux entreprendre leur vie. Le besoin d’action dans ce domaine est considérable.

Si notre système éducatif s’effondre et si nos jeunes ne s’intéressent plus au travail, où allons-nous ?


Chers amis industriels, réinventons l’implication de nos jeunes dans l’économie.

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Jacques Leger


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