Fiches 9 & 10 : Rapport d'étonnement d'un Extraterrestre visitant la France

Nous poursuivons notre chronique sur l’Occident qui se croit indestructible.

La crise du Coronavirus donne désormais libre cours aux critiques occidentales sur la Chine. Le monstre serait terrassé ! Cette situation nous rend encore plus aveugle sur nous-mêmes.

Voici les Fiches 9 & 10 de notre Extraterrestre visitant la France de 2020.


9-L’Union Nationale Vs les trois peuples de France

  • « La question de l’unité nationale qui couvait depuis des années en France s’est fortement invitée dans les débats avec les « Gilets jaunes ». Certains historiens comme Pierre Vermeren ou Charles Gave expliquent bien le phénomène français aux citoyens de leur pays.

  • La situation sociale intérieure se traduit par un haut niveau de délinquance, par des violences urbaines et par une phase de djihadisme islamique inédite sur fond d’ouverture des frontières mal maîtrisées.

  • La France, patrie des droits de l’homme, a voulu tenter l’expérience du « tout être humain peut être Français et s’intégrer dans la République ».

  • Evidemment cela ne marche pas. Chacun veut bien devenir Français, mais peu acceptent de s’intégrer dans la culture nationale en perdant leur culture d’origine. On en arrive au multiculturalisme dont nous parlerons dans une autre fiche.

  • Un jeune sur cinq (20%), ne travaille pas, n’est pas à l’école et n'est pas en formation. Où est-il ? ...… Comment pourrait-il faire partie de l’"Union nationale" dans une telle situation ?

  • Les délocalisations ont fait perdre la moitié des emplois industriels, le plus souvent ceux de provinces, transformant ces régions en déserts économiques. Sans industrie, il n’y a plus d’argent pour les services et pour les investissements. La République, « soi-disant indivisible », s'est organisée (divisée) autour de trois peuples.

  • Le premier peuple est au centre des villes et concentre désormais des populations ciblées : de jeunes cadres de l’industrie dématérialisée (finances, télécoms, médias, ingénieries, start-ups), de hauts fonctionnaires, des professions libérales, des touristes internationaux, des minorités sexuelles dont le revenu est supérieur à la moyenne, de riches retraités, des artistes et des créateurs dans des locaux dédiés, des étudiants bichonnés et des immigrés logés dans des logements sociaux qui leurs sont réservés.

  • Le second peuple est celui des banlieues. Il vit de 20 à 60 km des centres urbains et assure les services de base aux habitants du premier peuple des centres villes (garderie, restauration, ménage, garde de malades et de personnes âgées, …. ). Les services sont assurés par une main-d’œuvre interchangeable et souvent d’origine immigrée. Ce second peuple regroupe aussi les artisans (électriciens, plombiers, ouvriers du bâtiment, chauffagistes …). S’installent dans ce peuple, les catégories les plus coûteuses pour la société et sources de telles nuisances, qu'elles sont rejetées de la ville-centre. Ce sont les familles moyennes avec enfants et leurs collèges et lycées de seconde catégorie. Quand ils travaillent, les membres du second peuple sont les serviteurs du premier peuple des urbains. Le second peuple reçoit en outre l’essentiel des aides de l’Etat.

  • Le troisième peuple est celui de la ruralité. C’est le peuple de la « voiture nécessaire », souvent en plusieurs exemplaires, et celui des « ronds-points ». On y vit dans des déserts d’emplois, dans des déserts médicaux, dans des déserts scolaires, dans des déserts culturels …etc. Il faut prendre la voiture à tout bout de champ pour aller travailler (si on a un travail), pour emmener les enfants à l’école, pour aller se faire soigner,… On y trouve les agriculteurs, des retraités peu aisés et des artisans. Ce peuple ne reçoit aucune aide de l’Etat. C’est le corps principal des « Gilets Jaunes », un mouvement révolutionnaire qui attire secondairement l’attention des dirigeants sur la fracture sociale du pays ».

10-L’égalitarisme et l’individualisme

  • « Le mot « Egalité » fait partie de la culture républicaine française, avec la « Liberté » et la « Fraternité ». Les trois mots figurent au fronton de toutes les mairies de France. La devise a longtemps été réservée aux Français eux-mêmes, mais, avec la mondialisation et les droits de l’homme, elle est devenue un principe ouvert à l’humanité toute entière. La France se noie dans un universalisme planétaire !

  • Mais de quelle « égalité » parle-t-on ? Egalité des chances, égalité des droits, égalité des devoirs, égalité face à l’enseignement, égalité des carrières, égalité de revenus, égalité des aides, …. ?

  • La France a comme une odeur de communisme. Les Français aimeraient que tout soit pareil pour tout le monde. Avec cet état d’esprit, la France a progressivement remplacé l’idée d’Egalité (qui est le propre de pratiquement tous les Etats démocratiques sur la Terre et qui donne les mêmes droits à tout le monde), par l’idée d’Egalitarisme, qui veut que chaque citoyen dispose des mêmes ressources que les autres, quelque-soit sa contribution « à la soupière commune ».

  • Cette idée, condamnée par les communistes eux-mêmes (voir le discours de Deng Xiaoping), a donné lieu à ce que l’on nomme les transferts sociaux. On fait payer de lourds impôts aux plus riches pour en reverser le fruit aux moins riches. Ainsi, 44% des foyers français payent des impôts et 56% ne paient pas d’impôts. Ce qui fait dire que dans la France démocratique (on vote en France), « ce sont les citoyens qui ne paient pas d’impôts qui votent les impôts des citoyens qui en paient ! ». Dans ce contexte, digne des dictatures populaires, on peut s’attendre à tout, puisque ceux qui décident, décident pour les autres, mais ne sont pas touchés eux-mêmes par leurs décisions ! C’est peut-être ce que les Français veulent dire avec leur mot d’« Egalité ».

  • Il en résulte un taux d’imposition le plus élevé de tous les grands pays avec un prélèvement de 45% pour les tranches de revenus les plus hautes (sans compter les autres impôts de type, TVA, CSG, IFI et autres taxes réservés à ceux qui créent le plus de richesse nationale). C'est la vision française de "Fraternité".

  • Le différentiel de revenu entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres est ainsi ramené de 21 (avant impôts et redistribution) à 6 (après impôts et redistribution). Cette politique a joué un rôle dans l'image acquise par « l’entreprenariat » en France. En effet, « Pourquoi entreprendre et engager des risques, si c’est pour assurer moi-même 100% des pertes qui en résulteront et ne garder qu'une faible partie des profits, s’ils arrivent ? ». Nombreux jeunes partent à l’étranger pour entreprendre, notamment aux USA et en Grande Bretagne….. au détriment, au final, de l’économe française.

  • Mais au nom de l’égalitarisme, la pression politique reste forte pour qu’on ne fasse « pas de cadeaux aux riches ! », ce qui signifie qu’on aimerait leur prendre plus encore de leur revenu. C’est la logique qui règne en France, plus que dans tout autre pays de l’OCDE ».

A suivre, ….., mardi prochain avec les fiches N°11 et 12.

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