Fiches 17 & 18 : Rapport d'étonnement d'un Extraterrestre visitant la France


Notre Extraterrestre a presque terminé son voyage en France. Il a préparé 20 fiches pour faire son compte-rendu de son voyage aux habitants de sa Planète. Voici les Fiches 17 & 18.

17-Le chômage comme outil de gestion sociale.

  • « La France a fait le choix du chômage de masse indemnisé. C’est une histoire qui remonte à 1973 et qui n’a jamais été résolue depuis ! La première crise pétrolière a bouleversé l’économie mondiale en mettant fin à ce qui a été appelé « Les 30 glorieuses ». Cette explosion du prix du pétrole, même s’il n’a pas duré plus de quelques années, a profondément modifié les stratégies économiques de tous les pays …. sauf celle de la France.

  • Face à un rythme de croissance réduit de plus de moitié, il aurait fallu restructurer l’économie, créer plus de richesse et dépenser moins. Car moins de croissance, c’était plus de chômage. Comment traiter la question ? La plupart des pays ont réduit le salaire minimum afin de créer des emplois peu qualifiés permettant à presque tout le monde de travailler. D’autre pays, comme l’Allemagne ont choisi la stratégie du haut de gamme permettant de conserver de haut salaire sans délocaliser.

  • Cette philosophie n’était pas en ligne avec les valeurs d’égalitarisme de la France. La France a pris la route inverse avec la retraite à 60 ans, la 5ièmesemaine de congés payés, finalement les 35 heures par semaine et les taxes massives sur les produits haut de gamme. Cette stratégie a eu pour conséquence d’augmenter davantage encore les coûts en France, d’accélérer les délocalisations et à la fois d’augmenter les impôts et le chômage.

  • Après tant de mauvaises décisions politiques (même si à très court terme, la vie des Français s’en trouvait plus agréable), il ne restait plus à la France qu’à payer les chômeurs « comme s’ils travaillaient ». C’est ce qui a été appelé : le traitement social du chômage ! … Comme si le chômage de masse devait être traité socialement, alors qu’il doit être traité par une politique économique et industrielle adaptée.

  • Les résultats ne se sont pas fait attendre : alors que tous les autres pays du monde développé réduisaient leur taux de chômage, la France augmentait le sien pour le garder, toutes catégories confondues, autour de 10% de la population active ou plus exactement 30% de sa population marchande, la seule qui peut se retrouver au chômage.

  • C’est là encore une spécialité de l’art de vivre à la française, une façon de vivre que les étrangers appellent « Vivre comme Dieu en France » qui conjugue bonheur immédiat, l’insouciance et les dettes à rembourser par les petits-enfants. « Après nous le déluge ! » résume bien la politique sociale française.

18-Une mauvaise préparation à la mondialisation.

  • « L’augmentation du prix du pétrole en 1973 et 1981 n’a pas été la seule cause du bouleversement de l’économie occidentale. Alors même que les dirigeants français allouaient des vacances et des réductions massives du temps de travail, un autre événement allait changer la face du monde : l’irruption de la Chine dans la mondialisation.

  • Epuisée par 140 ans de malheurs (guerres de l’opium et occupation par les puissances occidentales, guerres civiles entre Républicains et Communistes, contrôle du pays par les Seigneurs de guerre, invasion du pays par le Japon, morts par dizaines de millions, famines, révolutions,…), la Chine était exsangue et les Chinois prêts à tout pour manger à leur faim. C’était en 1980, au moment même où la France engageait sa politique des loisirs à tout crin et son travail à minima.

  • Les Chinois qui voulaient travailler ont simplement pris la place de ceux qui, en Occident et surtout en France, ne le voulaient plus. La mondialisation était en marche qui allait déséquilibrer toute l’économie mondiale, faire la richesse et la puissance de la Chine et provoquer le déclin de l’Occident, de l’Europe et de la France.

  • Comment en effet concourir avec la Chine et ses salaires 26 fois plus faibles qu’en Occident (33 fois si on inclut les charges sociales) ? Dans ce contexte, on ne concoure pas, on délocalise. C’est ainsi que les industries françaises qui n’avaient pas encore été kidnappées par l’Allemagne, sont parties en Chine.

  • Hormis le luxe, les vins et les avions, la France a perdu ses exportations et a massivement augmenté ses importations (textile, meubles, électronique de loisir, équipements divers, chaussures, …). Tout ou presque est devenu « Made in China ».

  • La France n’a toujours pas trouvé ou accepté les moyens de réagir. Ses emplois industriels ont fondu de plus de moitié après 40 années de mondialisation, passant de 24% de la population active en 1980 à 11% aujourd’hui !

  • La France fait partie des grands perdants de la mondialisation qui « accusent la Chine et les Chinois de trop travailler » !

18bis-Actualités de la semaine / Le Coronavirus.

  • « Cette très mauvaise préparation à la mondialisation est particulièrement bien mise en évidence par la crise du Coronavirus. Tout le monde découvre que « quand la Chine s’arrête, le monde s’arrête », faute de produits. Les usines automobiles manquent de composants, l’électronique ne reçoit plus ses livraisons, les produits textiles n’arrivent plus dans les magasins, le monde n’a plus de médicaments ni de masque de protection au moment même où il en a le plus besoin. … etc…. car tout est fabriqué en Chine. Nous avons vendu notre âme au diable de la paresse, et nous sommes maintenant payés en retour.

  • Là ne s’arrêtent pas les conséquences de l’épidémie. Les écoles ferment, les restaurants sont vides, les spectacles n’ont plus de spectateurs, les avions restent cloués au sol faute de passagers, les usines n’ont plus de commandes et bientôt plus de personnel à occuper. Dans l’angoisse du lendemain, les consommateurs arrêtent de consommer, les investisseurs paniquent et les bourses s’effondrent. Il faut injecter massivement des liquidités dans l’économie pour la soutenir, à un moment où les Etats, déjà massivement endettés par « leur stratégie de cigale », n’ont plus d’argent. Tout le monde attend des liquidités des organisations au-dessous de lui dans le système. C’est l’irresponsabilité généralisée.

  • Les effets économiques de l’épidémie sont intéressants à étudier, pour qui veut bien s’en donner la peine. Des milliers et sans doute des millions de personnes voient leur activité se réduire en attendant de s’arrêter. Là encore le modèle français montre la profonde injustice de son fonctionnement. Il convient en effet de distinguer deux catégories de Français.

  • Les 72% de la population française que sont les jeunes et les étudiants, les fonctionnaires (hors du ceux du système de santé), les retraités, les employés des entreprises publiques, ne sont aucunement affectés par l’effondrement de l’économie nationale. Ils continuent à recevoir leur revenu « comme avant ». Une fois de plus, ce sont les plus protégés que l’on protège le plus.

  • Les 28% de travailleurs marchands qui ont déjà la lourde responsabilité de financer les 72% précédents, sont les seuls à être réellement exposés aux risques : risque de chômage partiel, risque de faillite de leur entreprise, risque de licenciement économique, stress supplémentaire s’ajoutant au stress habituel.

  • Parmi les centaines de commentateurs (des dizaines de milliers dans le monde) qui commentent la situation de l’épidémie à la radio, dans les journaux et à la télévision, aucun ne parle de cette « injustice à la française » qui fait toujours porter aux mêmes, la totalité de la charge nationale. Le pays s’étonnera même demain que ces 28% de Français, esclaves du système, nomment un Spartacus pour les sauver de leur état.

  • Un organisme de quelques nanomètres (nm) a déstabilisé l’humanité toute entière. Les avions de chasse, les bombes atomiques, les porte-avions, le système énergétique, les réseaux d’usines, les universités, les hôpitaux, les dirigeants politiques, sont mis à genoux par cette minuscule chose invisible à l’œil nu. On pourrait espérer que l’homme en tire des conséquences pour le futur. Ce serait mal le connaitre ! Sitôt la crise passée, comme en 2008, tout recommencera comme avant. .. jusqu’à… ! »



A suivre ...... mardi prochain ... pour le dernier article.

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