Débat National : 3-La Transition Ecologique

Mis à jour : 3 avr. 2019


Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Députés

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Cher lecteur industriel,


Nous poursuivons la présentation de nos réponses aux 35 questions proposées par le Président de la République.

Cette Newsletter N°8 porte sur un nouveau sujet du Grand Débat : la Transition Ecologique.

La Newsletter traite des questions 13 à 21 et cherche à justifier les grands choix énergétiques que doit faire notre pays.


13 à 16-Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt ? Par les taxes ? Qui doit être concerné en priorité ?


· Avant de définir qui finance, il faut définir qu’est-ce qu’on finance !

1. Il s’agit d’abord de choisir les bonnes solutions (préparer le nucléaire du futur) au lieu d’investir trop aveuglément dans les énergies qui resteront marginales (énergies renouvelables intermittentes).

2. Nous devons axer le CNRS et le CEA sur la préparation du nucléaire du futur qui doit être notre première priorité. Dans moins de 10 ans, la Chine sera prête et les USA aussi.

3. Nous devons aider nos concitoyens au financement des "bonnes solutions" avec, par exemple, des prêts à taux zéro ou à taux négatifs.

· Il ne faut pas créer de nouvelles taxes écologiques (il faut au contraire en supprimer parmi les existantes). Plus de taxes engendrerait encore plus de chômage.

· Nous devons aider ceux-qui font bien (primes et financement) plutôt que punir ceux qui sont plus ou moins obligés de faire encore mal.

· La stratégie punitive n'est pas motrice. Il faut expliquer et faciliter.


17-Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?


· Nous devons d'abord offrir des produit adaptés : une voiture électrique à 10 000 € / des pompes à chaleur à bas prix / la généralisation du solaire thermique pour les chauffe-eau, etc…

· L'axe principal doit être de maximiser les solutions électriques avec de l’électricité décarbonée.

· Les subventions pour les uns sont des impôts payés par les autres. Ce n'est pas la bonne solution.


18-Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ?


· Pour se déplacer en ville nous avons besoin de transports publics plus efficaces et de voitures autonomes (2022).

· Pour se déplacer à la campagne, nous avons besoin de l'auto-partage, de locations de véhicules électriques à l’heure, de lignes de bus entre village et ville voisine.

· Pour se chauffer nous devons développer la location-vente pour les chaudières à pellets, promouvoir les chauffe-eau solaires, faciliter l'accès aux pompes à chaleur….

· Pour se nourrir nous pourrions développer les tickets sans TVA pour les achats de produits locaux, dans les magasins de villages.


19-Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?


· Nous ne devons pas réduire, comme on prévoit de le faire, la production d’électricité nucléaire qui reste, à ce jour, l’énergie la plus propre. Il faut au contraire la maintenir à 75% de nos besoins en électricité.

· Il faut pousser le G20 et les COP XX à électrifier le monde entier avec des "centrales propres". Nous ne sommes qu’à 18% d’énergie consommée sous forme d’électricité dans le monde, pour 82% d’énergie, en général fossile, consommée directement.

· Pour la France, nous devons nous concentrer sur l'électrification du chauffage domestique et des transports et sur les conditions de leur déploiement.

· Nous pourrions aussi investir des centrales nucléaires en Afrique, en lieu et place des centrales à charbon vendues par la Chine.


20-Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix à faire à cet égard ?

· Il faut mettre d’urgence le CEA et le CNRS sur le développement des réacteurs nucléaires du futur (les réacteurs à combustible liquide).

  • 1. La Chine annonce son prototype pour 2020 et une commercialisation en 2030.

  • 2. Les USA se sont donné les budgets pour être bientôt prêts.

  • 3. La France qui n'a encore rien engagé, met son industrie nucléaire en danger.

· Nous devons être rapidement présents dans la voiture électrique, autonome et partagée.

· Nous devons nous donner les moyens de produire en Europe les batteries utilisées pour les véhicules électriques européens.

· Nous devons établir une couverture Internet haut débit 4G ou 5G partout en France.

· Il nous faut investir plus massivement dans la robotique (nous sommes en retard) pour atteindre 1000 robots pour 10000 employés (comme c'est déjà le cas dans l'industrie automobile). Une France industrielle saura mieux financer sa bonne énergie.

· Nous devons utiliser nos écoles techniques pour former nos enfants, plutôt que les utiliser, dans un but purement financier, pour former les étudiants des autres pays.


21-Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

· Attention à la fanatisation de la jeunesse sur le sujet du climat.

  • 1. Cet embrigadement des « jeunesses climatiques » n’est pas sans rappeler d’autres jeunesses de certaines époques sinistres.

  • 2. Les fanatiques sont rarement lucides.

· Il faut parler du sujet énergétique avec des chiffres et avec des modèles. Il est inutile d'apeurer les populations.

· Les énergies renouvelables qui ne fonctionnent chez nous que 15% à 25% du temps font surtout l’affaire des financiers qui peuvent ainsi investir, sans risque, 4 à 6 fois plus qu’il ne serait nécessaire de le faire.

  • 1. L’Allemagne a déjà investi 350 Mrds € dans les énergies renouvelables….et les résultats ne sont pas là.

  • 2. La France vise à consacrer 125 Mrds € dans les énergies renouvelables et pourtant les bons résultats sont déjà là, grâce au nucléaire.

Il importe avant tout de mieux communiquer sur la réalité énergétique.

1. Oui, les énergies fossiles doivent être remplacées dès que possible. La France y est quasiment déjà parvenue dans le domaine de la production d'électricité. Notre problème réside désormais dans l'électrification du chauffage domestique et du transport.


2. Non, les énergies renouvelables solaires et éoliennes non stockées ne peuvent pas remplacer les énergies fossiles. L’Allemagne en fait tous les jours la démonstration.


3. Non, les énergies renouvelables ne peuvent pas être stockées à grande échelle dans l’état actuel de la technologie. Ni les lacs de montagne, ni la filière hydrogène, ni les batteries ne peuvent, à un horizon de temps raisonnable, répondre à de tels besoins de stockage d'électricité.


4. Non, les énergies renouvelables ne sont pas si écologiques. Par rapport aux solutions fossiles (charbon ou gaz), elles exigent, à production d'électricité égale, des quantités tellement considérables de béton (15 à 20 fois plus), d'acier (10 fois plus), d'aluminium (15 à 20 fois plus) et de cuivre (20 à 30 fois plus) que leur développement à grande échelle mettrait en péril toutes les autres industries du monde.


5. Oui, la biomasse doit être développée comme source d’énergie, tout comme la production de bio-méthanol dans les fermes.


6. Non, nous ne devons pas engager un vaste plan d'électrification des automobiles avant d'avoir planifié la mise en place des réseaux de recharge et la production locale des batteries qui représentent l'essentiel de la valeur ajoutée. Ce serait mettre la charrue avant les boeufs.


7. Non, nous ne devons pas nous lancer dans l'électrification massive du pays et du monde, sans avoir mis au point les technologies de production d'électricité capables d'y répondre. Ce serait jouer au casino avec l'avenir des Français.


8. Oui, le nucléaire reste à ce jour la seule source d'énergie crédible pour remplacer rapidement et partout dans le monde les énergies fossiles. Il faut donc investir fortement dans notre industrie nucléaire.


9. Oui, le nucléaire classique à eau pressurisée présente des dangers (fuite de gaz radioactifs et durée de vie des déchets). Mais la gestion des risques est plutôt bien assurée et le nucléaire, à ce jour, a causé moins de morts que le charbon, le pétrole ou les éoliennes.


10. Non, le nucléaire ne doit pas être arrêté. Nous en avons besoin sous sa forme actuelle pour encore une bonne vingtaine d’années.


11. Non, le nucléaire classique ne peut pas assurer l'électrification du monde. Ses dangers, même encore mieux maîtrisés, ne seraient pas acceptés dans de nombreux pays du monde, s'ils devenaient source d'énergie électrique principale.


12. Oui, il faut engager d’urgence en France les études sur les réacteurs à combustible liquide, sous peine de perdre notre indépendance énergétique et de devoir acheter nos futures centrales à la Chine ou aux USA, en perdant au passage, les 220 000 emplois de notre filière nucléaire.

  • La France doit investir au moins 1,0 milliards d’Euros par année pour la mise au point de ce nouveau type de centrale nucléaire.

  • Il serait judicieux de partager ce projet de nouveau nucléaire, tout comme celui des batteries, au niveau France-Allemagne afin d’aller plus vite et de mieux faire face aux autres puissances qui s'y préparent.

  • L’avenir énergétique du monde passe par les réacteurs nucléaires à combustible liquide.

Au plan des avantages donnés aux énergies renouvelables :

1. Il faut supprimer la priorité gratuite d'accès au réseau de distribution d'électricité pour le solaire et l'éolien. C'est une concurrence déloyale.

2. Il faut supprimer les prix d’achat garantis pour les producteurs d'électricité renouvelable. On ne doit pas subventionner des solutions non généralisables à long terme.

3. Il faut supprimer les taxes sur électricité pour financer les énergies renouvelables. C'est un abus de fiscalité au détriment des citoyens.


Les avantages des « Réacteurs à Sels Fondus » (réacteurs à combustible liquide).

Une fois mis au point, ce nouveau type de réacteur répondra parfaitement aux attentes des populations : fournir une énergie électrique en grande quantité, disponible de manière permanente, une énergie discrète, économique et sans danger.

Les réacteurs à sels fondus possèdent en effet les caractéristiques suivantes :

  • · Système auto-régulateur (pas de risque d'accident).

  • · Durée de vie très limitée des déchets radioactifs.

  • · Potentiel de combustible pour plus de 10 000 ans.

  • · Possibilité de recycler les déchets nucléaires dont nous ne savons que faire.

  • · Possibilité de produire directement de la chaleur non carbonée.

  • · Ajustement de la puissance sans délais de réponse.

  • · Coût d'investissement limité (50% du prix des centrales actuelles en service).

  • · Prix de revient de l'électricité très compétitif (moins cher que le charbon).

  • · Centrales modulaires que l'on peut installer partout (campagnes, villes, déserts, pays en développement).

Chers amis industriels, réinventons notre économie.

Merci à ceux qui sauront le faire, de transmettre nos propositions au Chef de l'Etat et au gouvernement, et à mardi prochain, si vous le voulez bien, pour traiter des questions posées par le Président de la République au sujet de la démocratie et de la citoyenneté.


Jacques Leger,


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