Barenton Confiseur

Nous reprenons le titre du célèbre livre d'Auguste Detoeuf sur le bon sens. Nous vous en conseillons la (re) lecture.

Article N°49

Supplément du jour : conséquences du coronavirus

Il devient de plus en plus inutile de s’exprimer au sujet de la situation du monde. Nous sommes dopés à l’assistanat depuis plus de 50 ans et comme des bébés qui n’auraient jamais cessés d’être biberonnés, nous ne pouvons pas envisager d’autres solutions, que plus d’assistance encore. C'est comme le communisme : "si ça ne marchait pas, c'est qu'il y en avait pas assez !". Quand on travaille avec un marteau on traite tous les sujets comme s’il s’agissait toujours de clous. On voudrait être optimiste et décrire le roman d’un succès. Il nous faut pourtant être adulte et regarder la réalité en face.

Tu gagneras ton pain à la sueur de ta dette !

  • Il n’y a pas lieu de se réjouir des solutions envisagées pour sauver le monde. On a coutume de dire que les modèles n’ont que la valeur de leurs données d’entrée. A entrer de mauvaises données, nos modèles ne pourront conduire qu’à de mauvaises solutions. Mais à quoi bon le dire ? Les prospectives « hors pensée unique » ne sont plus entendues.

  • Nous avons tout écrit au cours de nos articles précédents mais nous parlons dans un désert Tout le monde continue de se soigner à la dette des Banques Centrales (les banques d’Etats étant déjà saturées) et à « l’helicopter money » comme il faut appeler maintenant l’assistance par la dette. Quand la corde va-t-elle céder ? Les arbres ne montent jamais jusqu’au ciel. Le Covid-19 vient de nous le rappeler sur le sujet de la mondialisation. Apparemment, il nous faut une crise grave par sujet pour apprendre. Et comme des sujets, il y en a beaucoup, …… il nous faudra beaucoup de crises graves !

  • Les prophètes de l’Ancien Testament doivent se retourner dans leurs tombeaux. Il y a 26 siècles déjà, ils nous ont écrit, on ne peut plus clairement, les bases de la théorie économique et nous n’avons toujours pas compris. « C’est le travail qui crée la richesse » et pas la dette contractée auprès des banques centrales. Ils auraient pu préciser « c’est le travail marchand », mais à l’époque, il n’y avait pas de fonctionnaires, pas d’étudiants, pas de chômeurs et pas de retraités pour représenter 72% de la population.

  • Nos solutions à la crise (plus de dettes), vont rendre le malade encore plus malade qu’il ne l’était !

L’Euro et l’Union européenne sont-ils en état de mort cérébral ?

  • Tout le monde se réjouissait de la création de l’Europe et tout le monde aurait aimé devenir citoyen d’une Europe performante, protectrice, génératrice d’emplois, génératrice de richesses, solidaire entre ses générations, formatrice, technologique, … en somme, une Europe comme la France des années 1960 !

  • Au lieu de cela, l’Europe a malheureusement accélérer la course vers d’autres objectifs : l’augmentation des loisirs au détriment de tout le reste, l’absence d’armée pour nous protéger, l’augmentation continue du coût du travail (retraite à 60 ans, 5ième semaine de vacances, 35 heures, RTT, ….), 28% de travailleurs marchands en France au lieu de 41% à 55% ailleurs), des déficits grandissants et des dettes abyssales à rembourser par nos petits enfants (s’ils ne quittent pas le pays d’ici là), une école qui n’apprend plus grand-chose et des brevets que l’on vend à l’étranger, faute d’usines sur place pour les transformer en production.

  • Conséquence de cette situation pour nous : La France ne pourra pas rester dans l’Euro et l’Italie non plus ! C’est une question de temps. La France a dévalué 7 fois sa monnaie depuis 1958 ! C’était la conséquence inéluctable de son manque de rigueur économique. Cette rigueur économique n’ayant fait que se dégrader depuis, pourquoi le besoin de dévaluation n’existerait-il plus ? Pour retrouver la compétitivité française de l’an 2000, la France devrait dévaluer sa monnaie de 25% au moins. L’inéluctable arrivant toujours, tôt ou tard, il suffit d’attendre.

  • Idem pour l’Union européenne. Comment pourrait-elle survivre dans sa définition actuelle ? Faudra-t-il décider bientôt le démantèlement de l’UE, puisque : Pologne, Italie, Grèce, Croatie, Estonie, Lettonie, Lituanie, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovénie, et 5 autres candidats à l’UE, préfèrent déjà se développer avec la Chine, dans le cadre du groupe 18 + 1, plutôt que de se développer dans le cadre de l’Union européenne ? Personne ne le souhaite mais on ne peut pas vouloir une chose et son contraire.

La réindustrialisation de la France : c’est possible papa ?

  • On nous parle maintenant chaque jour de la nécessaire réindustrialisation de la France ! Certes il faut rapatrier la production des masques et des respirateurs (0,1% de l’emploi industriel), mais là n’est pas le problème industriel français. Il nous a fallu 50 ans (et toute l’imagination de François Mitterrand, de Lionel Jospin et de Martine Aubry) pour perdre 50% de notre industrie.

  • Il nous faudra au moins autant d’années pour la reconstruire, à condition d’être persévérants dans l’effort, d’accepter de travailler plus longtemps et d’être deux fois plus nombreux à travailler dans le secteur marchand ! Celui qui sera capable de relever ce défi n’est pas encore né.

  • Il faudrait pour cela copier tout simplement le modèle de Corée du Sud, un modèle qui a su assurer, de 1970 à aujourd’hui, un trajet positif de développement qui est l’image symétrique exacte en positif du trajet négatif et de même ampleur que celui que nous avons parcouru dans le même temps. Comment ont-ils fait ? : Etat directif, choix stratégiques nationaux, 2200 heures de travail par an (contre 1500 heures en France), Chaebols (grands réseaux industriels), financement d’Etat, intégration industrielle systématique, fidélité aux fournisseurs, image sacrée de l’entreprise dans le pays, discipline confucéenne, …. Etc.

  • On pourra bientôt apprendre à nos enfants cette belle poésie : « La France ayant trainaillé, pendant au moins 50 années, se trouva fort dépourvue quand la crise fut venue. Elle alla crier famine, chez la Corée son antonyme. Que faisiez-vous au temps chaud, dit l’Asiatique à la flambeuse ? Nuit et jour, à tout venant, je m’éclatais, ne vous déplaise. Vous glandiez ? J’en suis fort aise. Et bien ! Bossez maintenant ! ».

Un test de décroissance en vraie grandeur pour les écologistes !

Les écologistes souhaitaient nous engager dans la décroissance générale (-4,0% chaque année durant au moins 50 ans). Ce qu’ils n’ont pas pu faire, le virus va l’engager.

  • Nous pourrons mesurer sur quelques mois les effets économiques d’une décroissance probablement inférieure au taux souhaité par nos écologistes. Les conséquences en seront déjà considérables.

  • La décroissance, c’est l’arrêt de production de richesses. C’est un organisme humain qui ne reçoit plus d’oxygène. Cela ne peut pas durer bien longtemps. Nous pourrons bientôt juger sur pièces.

  • Nous devrons vraiment inventer un nouveau modèle et choisir entre : l’augmentation sans fin de la population mondiale, la consommation à tout crin pour tous, favorisée par la démocratie élective, les loisirs plutôt que le travail, l’endettement infini des Etats à rembourser par nos petits-enfants, notre niveau de vie et l’extinction de nombreuses ressources.

  • Avis aux inventeurs de modèles économiques !

Le plus dure est devant nous : c’est l’intelligence artificielle

  • Dans notre blog, il faudra traiter un jour la question de l’intelligence artificielle. Elle ne remplacera certes pas la lâcheté de nos politiciens, ni l’esprit tordu de nos fonctionnaires. Elle ne sera jamais assez intelligente pour cela.

  • Mais elle viendra. En fait elle est déjà là. Regardez en Chine, on test les personnes à distance avec reconnaissance faciale pour les informer et reconstituer leur trajets de contamination. Liberté ou bien santé ?

  • Nous traiterons du sujet dans notre prochain article, en présentant un résumé d’un livre d’expert du sujet. Nous le ferons la semaine prochaine.

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